C’est par elles que je parle quand j’écris. Je parle le poème dans ma tête avant de le coucher sur le papier. Alors mon « je » se multiplie. Mon « je » devient une multitude d’autres « je ». Les tiens, les miens. Et tous ces « je » papillonnent en battant des ailes. Flop ! Flop ! Ils s’envolent. Ils se posent dans le calice des fleurs. Flop ! Flop ! Sur l’aiguille des hautes herbes. C’est dire que je n’écris pas des pattes de mouche, mais des pattes de papillon !
(Étienne Leclercq)
Disponibilité: En stock
Autour de moi, partout des trois. J’habite un trois-pièces au troisième étage. Mon costume est un trois-pièces, dont j’ai laissé tomber la veste. En toute logique, c’était cousu de fil blanc, j’écris un recueil en trois parties. Trois cycles sur un même thème. Des trois partout. Comme c’est curieux, n’est-il pas ?
Autrices, auteurs, lectrices, lecteurs, nous sommes des voix intérieures ! Nous parlons dans notre tête et nous n’hésitons pas à en faire profiter notre entourage : « c’est bien ce que je me disais... », « c’est bien ce que j’avais en tête... », « d’ailleurs ça m’est revenu quand... ». Merveilleuses voix intérieures ! Bavardes, il est vrai, elles nous animent en profondeur. Dans mon cas, elles me font compter jusqu’à trois !... C’est pour rire ! Plus sérieusement, elles parlent et j’écris. C’est par elles que je parle quand j’écris. Je parle le poème dans ma tête avant de le coucher sur le papier. Alors mon « je » se multiplie. Mon « je » devient une multitude d’autres « je ». Les tiens, les miens. Et tous ces « je » papillonnent en battant des ailes. Flop ! Flop ! Ils s’envolent. Ils se posent dans le calice des fleurs. Flop ! Flop ! Sur l’aiguille des hautes herbes. C’est dire que je n’écris pas des pattes de mouche, mais des pattes de papillon !
(Étienne Leclercq)
Étienne Leclercq est anthropologue. Il a enseigné à l’Institut des Hautes Études des Communications Sociales de Bruxelles (IHECS). Si, apparemment, il s’agit d’un recueil de poèmes, il convient de les lire comme une narration, des notes engendrées par une succession de silences, de ruptures, d’errances, de deuils. Succession qui engendre le ton poétique. Il n’est donc pas vraiment question de lamentations, mais d’un discours intérieur. La recherche d’un ton qui permettrait de repartir du bon pied. Ce ton est en partage puisque nous avons, chacune, chacun, à le trouver pour désigner de ce qui, face aux épreuves, nous traverse.
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Ripple-marks (1976) est peut-être le plus grave des livres de Muno.
Ce livre, tel une perle dans un écrin lyrique, se parcourt avec bonheur et nous rend plus proche ce magnifique chanteur universellement admiré. On y découvre la relation fusionnelle qui unit les héros d’opéra, leurs refrains et l’homme qui leur prête sa voix.
Nous savons que les hommes remarquables et les personnages qu’ils incarnent ne meurent jamais tout à fait. Ces confidences en sont la preuve. « Nous n’existons que par ce que nous faisons », disait-il. José Van Dam a mis le point final à ce livre, avant de sortir côté jardin, refermant doucement la porte derrière lui, le 17 février 2026. Il nous laisse bien seuls à méditer dans le silence vibrant de ces pages.