Ripple-marks (1976) est peut-être le plus grave des livres de Muno.
Ripple-marks (1976) est peut-être le plus grave des livres de Muno.
Les diplomates sont rarement maîtres tailleurs. Ils préfèrent rapiécer. En l’occurrence, ils commencèrent par mettre des pièces avant que d’y aller avec les grands ciseaux. En 1814, ils ont accommodé à leur goût les provinces du Hainaut et de Namur – on se demande bien pourquoi – mais l’année suivante ils se ravisent et remettent le tout dans son état primitif.
L’appétit de la Prusse incite ses alliés à la contrecarrer de leur mieux ; aussi, pour l’éviter sur la Meuse, quelques lambeaux de la Saxe et de la Pologne lui sont-ils tendus.
Et c’est ainsi que les diplomates, faisant alterner les sourires et les froncements de sourcils, arrivent à confectionner le nouveau royaume. À un détail près. Comme ils n’en viennent pas à bout, ils font de Moresnet, le patelin contesté, une zone neutre, abandonnant aux chancelleries le soin de trouver une solution.
Marie de Hongrie est une femme énergique, mais non point une forte tête à la manière de la tante Marguerite, peu encline à faire ce qui ne lui plaisait pas. Faisant fi de ses propres idées, la nouvelle gouvernante sera la fidèle servante des volontés de son frère. Soupçonnée un temps de sympathies luthériennes, ami d’Érasme et, somme toute, plutôt tiède en matière religieuse, elle ne fera rien pour adoucir les terribles placards de Charles Quint ; aussi les inquisiteurs, sous son règne, sont-ils pleins d’allant et d’ardeur au travail.
Comme la Belgique n’existe que depuis 1830, les historiens n’ont pas d’une histoire voulu peiner les Belges en les privant d’une histoire ancienne, consistante, et sans solution de continuité. Pensez à ces pays qui n’ont guère de passé, comme les États-Unis d’Amérique, par exemple : ils ne se dépètrent pas d’une incurable enfance. Aussi en arrachant des lambeaux à droite et à gauche, les historiens ont-ils fabriqué une histoire de Belgique qui n’est pas plus incohérente qu’une autre.
Ce livre prétend nous donner quelques clefs de réflexion pour penser l’histoire numérique (avec des mots), afin d’évaluer ses bienfaits de ses dérives. Tout le monde devrait lire ce livre.
La Belgique peut s’enorgueillir d’ avoir produit 4 Prix Nobel de médecine, dont le 1er Nobel fut attribué à Jules Bordet (1870-1961) en 1919 pour ses travaux sur l’immunologie. Corneel Heymans fut le second récipiendaire en 1938 pour ses travaux sur la régulation de la respiration et la circulation sanguine. Enfin l’année 1974 vit la consécration de 2 biologistes : Christian de Duve et Albert Claude, récompensés pour leurs travaux en biochimie et biologie cellulaire.
Ce livre est dédié à ces Quatre Prix Nobel.
L’acier belge est sur tous les continents et sous diverses formes ; des locomotives, des wagons, des ponts, des machines-outils, des navires, des automobiles. Un petit pays où les matériaux et la matière grise vont lui permettre de briller de mille éclats.
Un beau piano, des cabriolets Louis XVI en acajou, des petites tables partout, une table de bridge transformée, en soirée, par un nappage de couleur, le plus souvent café au lait, blanc, parfois bleu et couvert de dentelles, une belle vaisselle blanche soulignée de bleu et d’or, à l’occasion armoriée, des couverts comme il se doit d’un château tel que celui-ci, même à une table improvisée, en argent avec de prestigieux poinçons…
Les « démocraties occidentales » (puisque c’est ainsi qu’elles se qualifient…) font peu de cas du siège de Grozny, comme si Sarajevo avait épuisé leur capital de compassion. Mais, à vrai dire, quelle leçon pourraient-elles donner à Moscou qui, nanti de l’arme nucléaire, ne craint aucune mesure sérieuse de rétorsion ? (Bruxelles, le 5 janvier 2000)
Tout est parti d’un malentendu. Le nom me disait bien de me méfier, qu’il n’était pas de mon patrimoine, qu’il résonnait dans une autre langue. Mais voilà, bien des Européens ont dit et écrit en parlant de Tombouctou, de Fès ou d’Alexandrie : elle m’attendait, j’ai su dès que je l’ai vue qu’elle serait ma ville et que j’y mourrais, si bien que je ne pouvais imaginer que la ville où j’étais née me rejetterait comme une marâtre et resterait à jamais hors de ma portée, dans un éloignement définitif…