Sybille et sa famille vivent dans la Maison de l'Eau, où se sont peu à peu accumulés les meubles laissés depuis des siècles par chaque génération.
Disponibilité: En stock
« Sybille et sa famille vivent dans la Maison de l'Eau, où se sont peu à peu accumulés les meubles laissés depuis des siècles par chaque génération. Sur cette forme d'envahissement de la mémoire ancestrale et sur les vivants qui en ont la garde règne une colonie de corneilles. Abel, le régisseur, assume, dans le délabrement de la maison et de ses habitants de plus en plus livrés à leurs obsessions, le rôle hiératique de veilleur. Quand ses parents meurent, Sybille abandonne la Maison de l'Eau. Elle se réfugie dans un appartement, non sans avoir emporté, dans le désordre d'un naufrage certain, chaises, buffets et tableaux. Quand la Maison de l'Eau est vendue, Sybille y découvre Abel mort, les yeux crevés par les corneilles qui viendront en cortège inquiétant la rejoindre dans son appartement, veillant sur elle, sur les meubles épars, comme une conscience nocturne issue du passé. L'écriture discrète et concise prête aux Meubles l'allure d'un conte philosophique où les choses qui, lentement, chassent l'humain envahissent la planète comme les spectres anciens qu'animait le roman gothique. « Les meubles, écrit l'auteur, vivent, robustes, tyranniques… Par eux, la mort saisit le vif ». Version moderne de la Maison Usher, la Maison de l'Eau traduit l'effondrement d'un monde sous le poids des objets qui l'encombrent de leur inutilité. Et Sybille, la survivante, perpétue l'oppression en s'entourant des mêmes futilités ancestrales où les corneilles, dévoreuses d'yeux, posent leur aile nocturne. Plus parfaitement que dans L'autre et dans La moisson des orges, le talent d'évocation de Marie-Thérèse Bodart trouve ici sa plénitude. Marie-Thérèse Bodart (1909-1981), docteur en philosophie et lettres, romancière, dramaturge et critique, fut chroniqueuse littéraire à la revue internationale Synthèses. Les Meubles, publié en 1972, se développe dans une atmosphère angoissante et crépusculaire, qui s'y exprime avec plus d'acuité encore que dans les œuvres précédentes de l'auteur des Roseaux noirs. Le thème de la maison qui se referme comme un piège sur la destinée de ses habitants est traité avec un sens presque surréaliste de l'effet et de l'image angoissante. »
Marie-Thérèse Bodart (1909-1981) était romancière, dramaturge, et critique. Elle a été l’épouse du poète Roger Bodart, mère de l’écrivaine Anne Richter et grand-mère de l’autrice Florence Richter. Elle est enfin une des figures majeures des lettres belges, dont on poursuit la redécouverte. Marie-Thérèse Bodart a tenu une importante chronique littéraire dans la revue internationale Synthèses. Son œuvre est rééditée chez Samsa édition.
Ripple-marks (1976) est peut-être le plus grave des livres de Muno.
Justine Kasa-Vubu est la quatrième de la fratrie Kasa-Vubu. Justine naît en 1951, neuf ans avant l’Indépendance, dix-huit ans avant le décès de son père Joseph qui, voyant le désastre de l’Indépendance se profiler, aura la présence d’esprit de l’envoyer en Suisse – et peut-être de la sauver – pour ses études. Il aura eu le temps de lui transmettre ses convictions et ses croyances profondes, avec pour mission de les diffuser et de les développer. Justine passera sa vie à porter cette mission à bout de bras, sans relâche, à travers le monde et l’adversité.
C’est ce destin, riche, passionnant et émouvant, qu’elle nous raconte à travers ces confidences. Nous n’en révélerons pas l’épilogue, sinon qu’aujourd’hui, ce Congo déchiré, tant aimé, semble être à vendre.
À quel prix ?